Dette, TripleA… essayons d’y voir clair.

C’est bien ce vendredi 13 (décalage horaire oblige avec les états unis d’Amérique) que l’agence de notation Standard & Poor’s a abaissé la note de la France la passant d’un AAA à un AA+. Même si c’était prévisible et annoncé depuis des semaines,  c’est arrivé, comme un symbole, un vendredi 13.

Alors que faut-il faire ? Que faut-il y voir ? Comment allons-nous nous en sortir ? Est-ce encore possible d’espérer ?

Avant de répondre à ces questions qui sont toutes aussi légitimes les unes que les autres, il nous faut tenter de comprendre ce que cela veut dire. Je vous invite donc à prendre un peu de recul plutôt que de vous jetter sans réfléchir dans le précipice.

1) A quoi sert cette note ?

Cette note est un indice de confiance qui indique aux préteurs (banques, états (emprunt obligataire)…) quelle confiance ils peuvent avoir sur le bon remboursement des sommes mises à disposition (capital+intérêts).

Plus la note est bonne, plus les préteurs peuvent faire confiance, et plus ils prêtent à bas taux. A l’inverse, plus la note est basse, moins les préteurs ont confiance, et plus ils prêtent à des taux élevés.

2) Une note « AA- » est-elle une mauvaise note ?

Non. Le « AA- » reste une très bonne note. Pas la meilleure, mais la note qui suit la meilleure. Pour prendre une image, la France avait la meilleure note de confiance possible, un 20/20, elle a aujourd’hui un 18/20.

Même si ce n’est pas une mauvaise note, nous devons restés vigilants. En effet, les conséquences de cette baisse dans la notation peuvent accélérer la chute si nous n’y prenons garde.

3) Quelles peuvent en être les conséquences à court terme ?

A court terme, les taux d’intérêts pourraient monter, et donc nous coûter plus cher sur du moyen, long terme. Sachant qu’au troisième trimestre 2011 la dette de l’état français s’évaluait autour de 1688,9 millards d’euros, et que les intérêts de celle-ci nous couteront en 2012 48,8 millards d’euros. Imaginez donc ce qu’une augmentation de 1 point pourrait avoir comme conséquence financière sur nos finances. Cela ce calculerait en milliards.

 

4) Et la dette des collectivités locales dans tout cela ?

Selon la cour des comptes, la dette des collectivités locales représente 10% de la dette totale. Ceci doit nous confirmer dans l’idée que le problème de la dette est avant tout celui de l’état centralisé dans les ministères.

De plus rappellons une nouvelle fois que la dette des collectivités n’a rien à voir avec la dette de l’Etat, puisque cette première est soumise à la « règle d’or » qui dit : obligation d’équilibre entre dépenses et recettes, et surtout que l’emprunt ne doit servir qu’aux investissements et non aux frais de fonctionnement.

Certains politiques locaux mélangent tout. Méconnaissance ou volonté de manipuler les foules trop crédules ? là est la question. Quoiqu’il en soit, ce sentiment de peur qu’ils éveillent souvent à tort, leur permet de camoufler un manque de souffle, de projets pour leurs communes, et d’appliquer à leurs concitoyens une politique austère.

5) Revenons donc à nos questions légitimes du début de cet article : Alors que faut-il faire ? Que faut-il y voir ? Comment allons-nous nous en sortir ? Est-ce encore possible d’espérer ?

- Au niveau des collectivités locales, il nous faut investir, avoir des projets, qui portent le social, le sportif, le culturel, et l’économique vers le haut. Sur la commune de Joué-lès-Tours par exemple, l’effort est là en ce qui concerne le social, le sportif, et le culturel, mais malheureusement, il est manquant sur l’économique (désertification commerciale…) malgré ce que peut en dire notre maire.

La ville de Joué-lès-Tours a-t-elle plus besoin d’une nouvelle piscine à 9 million d’euros, ou d’un investissement équivalent sur les zones d’activité ou le commerce de proximité ?  La question est posée.

- Sur un plan national, il est évident que la dette n’est pas celle du peuple, mais bien celle de l’Etat. Alors nous faudrait-il ne pas nous en préoccuper ? Nous faudrait-il le laisser ce débrouiller seul pour s’en sortir, comme le revendiquent certains courants politiques ?

Non, il nous faudra bien mettre la main à la poche pour sortir d’affaire le pays. Les impositions directes ou indirectes devrons augmenter. Mais ces augmentations doivent être équitablement réparties, pour que les classes moyennes ne soient pas, comme à l’habitude, les plus mises à contribution.

Cela ne veut pas dire qu’il nous faudra tout oublier pour mieux recommencer, mais bien au contraire demander des comptes à ceux qui nous ont gouvernés pendant des décennies. Ils leurs faudra répondre de leurs actes et montrer l’exemple en matière d’économie (indemnités d’élus, cumul des mandats, …).

Il faudra surtout leur retirer le carnet de chèque, comme à celles et à ceux qui se retrouvent interdits bancaire. Il ne peut plus y avoir 2 poids, 2 mesures.

Pour ce qui est de l’espérance, nous n’en manquons pas en ce qui nous concerne, car c’est à elle que nous devons au quotidien notre désir d’avancer, d’aller plus loin, plus haut. C’est à elle que nous devons nos forces. L’abandonner serait périr, et dire non à la vie, et ceci est impossible.

Avec toute mon amitié.

 

Philippe OLIVEIRA

À propos de Philippe OLIVEIRA

Élu municipal, je m'intéresse particulièrement aux questions d'aménagement du territoire, d'éducation, d'insertion économique, et de mixité.
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